Technique : peinture acrylique sur châssis entoilé

Format : 80x100 cm

Date de création : 2018

Belinda Kahlo (Belgique)

 

Maman. 

Les deux syllabes les plus simples à prononcer, les plus évidentes à écrire, les plus rassurantes à murmurer. 

Maman, j’ai peur de te dire je t’aime.

J’ai peur que ma voix tremble et que tu ne comprennes pas vraiment le poids de mes mots. Je n’ai jamais réussi à te le dire sans qu’une étrange sensation me traverse le corps.

Maman, tu me fais peur. 

Peur car tu as trop confiance en moi, et que j’ai honte de lire la déception sur ton visage. Peur car tu m’as tout appris,  alors que je continue à faire des erreurs. Peur car tu ne te rends pas compte à quel point tu en attends de moi. 

Maman, je suis en colère contre toi.

C’est à cause de toi que je ne suis pas plus douce et chaleureuse. Ta sévérité, ta rigidité et ta retenue ont marqué mon enfance. Lorsque tu as enfin voulu partager un peu de toi, il était trop tard. 

Mais Maman, tu me fascines. 

Même si tu n’as pas été une maman câlin, tu m’a prouvé ton amour mille fois. Je suis désolée de m’en apercevoir si tardivement. Seule, tu as su soigner mes bobos, me rassurer de mes mauvais rêves. Tu m’as réparée quand la nuit noire emplissait peu à peu mes pensées. 

Alors merci maman. 

Certes, tu m’as transmis ta pudeur face à l’amour, et ce n’est pas facile tous les jours. Mais tu m’as appris à me battre pour mes idées, à m’aimer, à respecter mon prochain. Tu m’as accompagnée pas à pas vers la plus belle des libertés. Sans toi, rien n’aurait pu être possible. 

Maman, je t’aime. 

Texte écrit par : Mathilda Malpel